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 les chevaliers de la foi

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Isha
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MessageSujet: les chevaliers de la foi   24/11/2006, 11:06

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Par définition, la caricature est comme le pamphlet, un art de combat souterrain. En conséquence, beaucoup de pièces ne sont pas signées, ou quand elles le sont, les signataires utilisent des monogrammes. Il est donc extrêmement difficile de les attribuer à tel ou tel artiste, d'autant que leur style est souvent médiocre ainsi que nous l'avons dit.


Cela mérite cependant quelques correctifs. En effet, l'Angleterre, pays non soumis à l'Empire napoléonien, ne connut pas ce problème de la diffusion sous le manteau et James Gillray, tout comme George Cruikshank ne rencontrèrent aucune difficulté, ni politique, ni juridique, pour signer leurs oeuvres. Ce fut aussi en grande partie le cas de la Russie, dont une portion seulement du territoire fut envahie par la Grande Armée, et ce pour un court laps de temps. C'est la raison pour laquelle nous connaissons plusieurs caricatures signées par Ivan Terebeneff (1780 - 1815). Il faut tenir compte également des renversements militaires et politiques des années 1813 - 1815, d'une part avec le recul des armées françaises, qui permirent aux allemands de s'exprimer plus librement (oeuvres signées de Johann-Michael Voltz en particulier en 1814-1815), d'autre part avec les deux Restaurations, qui en France permirent aux Gaston, Dubois, Constant Huet, Vivien et autres Lacroix de signer leurs oeuvres sans contrainte. Cependant, la plupart des caricatures demeurent anonymes, en France comme sur le continent. Prudence oblige.


Il est donc très difficile de savoir comment et où étaient imprimées ces petites oeuvres parodiques, et comment elles étaient diffusées. Les archives, certains textes écrits par des Emigrés, certains groupements royalistes occultes peuvent nous permettre cependant de nous faire une idée sur ces questions.



La diffusion de la caricature
Tout d'abord, il ne faut pas oublier le fait que certains prototypes furent internationalisés, ainsi que nous le disions dans notre Introduction. Ce fut en particulier le cas du Courrier du Rhin, connu en Allemagne, en France, en Hollande, en Italie. D'autres modèles furent traduits en français, qui provenaient d'Angleterre, comme la Nouvelle Farce qui a été représenté à Paris avec éclat, d'après une oeuvre de Cruikshank. Cette pièce fut vraisemblablement imprimée en Angleterre, à destination de la France. Ce fut aussi le cas du Volant corse, toujours d'après Cruikshank. Comment ces caricatures arrivaient-elles sur le continent ? C'est là qu'il faut faire appel avec vraisemblance, à l'association secrète catholique et royaliste des Chevaliers de la Foi, sans nier le fait toutefois que les armées Alliées transportaient certainement dans leurs bagages des centaines de caricatures qu'elles devaient vendre ou distribuer aux populations.


Les Chevaliers de la Foi était un groupement d'opposition active fondé en 1810 par Ferdinand de Bertier (1). Persuadé, ainsi que le rappelle G. de Bertier de Sauvigny (2), que la Révolution avait été le résultat d'un complot maçonnique (3) et d'une manipulation idéologique, Bertier avait entrepris de restaurer l'Ancien Régime par des moyens similaires, souterrains, dont la caricature fut l'un des exemples. Ce qui justifie le terme de paradoxe que nous avons employé au début de notre Introduction. Selon Ferdinand de Bertier en effet, il s'agissait bien d'une question de ré-inversion des valeurs. Selon un rituel inspiré de la franc-maçonnerie, on entrait en "chevalerie" selon divers degrés. Sous le couvert d'actes de bienfaisance, les idées de Bertier pénétrèrent d'abord les milieux aristocratiques, puis le peuple. Malgré l'absence de toute documentation écrite - le secret le plus total devait être gardé - il semble que les Chevaliers de la Foi ait été à l'origine de plusieurs tentatives de soulèvements populaires au début de 1814. On peut également mettre sur leur compte, sans grand risque de se tromper, la large diffusion des caricatures et des pamphlets anti-napoléoniens. Car leur rôle de diffusion de fausses nouvelles fut indéniable, à la fin de l'Empire.



La police impériale
Les Chevaliers de la Foi était en relation étroite avec Mathieu de Montmorency-Laval (1767-1826), préfet de la Congrégation mariale, qui faisait l'objet des tracasseries de la police impériale, police dont on connaît l'efficacité sous le ministère de Fouché. Cette police, issue des compétences du ministère de la Police générale créé sous le Directoire, était dirigée par l'ex-conventionnel Joseph Fouché (1759 - 1820). Le Premier Consul, qui le redoutait, doubla ce ministère par la Préfecture de Police, créée le 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), à la tête de laquelle fut placé Louis-Nicolas Dubois (1758 - 1847). Bientôt, on supprima le ministère de la Police (28 fructidor an X -15 septembre 1802), manière d'évincer Fouché. Mais les événements de 1804 provoquèrent sa réinstallation à la tête de ce même ministère, recréé pour lui (décret du 21 messidor an XIII (10 juillet 1804) (4).

Dès lors, une organisation implacable fut installée, toute dévouée à l'Empire. L'opinion publique fut étroitement surveillée. Toute velléité d'opposition fut jugulée. Rédigé par un certain François, le Bulletin du ministère de la Police générale paraissait quotidiennement. Il donnait les nouvelles sur la question épineuse de l'opinion, entièrement soumise, et sur les actions de certains individus suspects. De ce fait, peu de renseignements nous sont fournis sur les caricatures, particulièrement entre 1805 et 1814, date à laquelle la déliquescence de l'Empire laissa entrer un nombre considérable de pièces sur le territoire national.


Peu avant que ne soit réinstitué le ministère, en 1803 - 1804, on vit pourtant paraître plusieurs caricatures ou gravures royalistes, qui furent pour la plupart saisies. Ainsi, un rapport d'un observateur adressé à Pierre-Marie Desmarets (1764 - 1832), chef de division au ministère de la Police, relate le 21 frimaire an XII (13 décembre 1803) la description d'une caricature (5) : "De plates caricatures, dont quelques-unes sont de la dernière indécence, sont entre les mains de certains individus, et l'on ne peut guère s'en procurer que la description ; voici l'esquisse d'une : un tailleur essaye un habit au premier Consul, et ce tailleur est de Boulogne, Bonaparte en admire la richesse et loue surtout le travail de la broderie ; il veut le mettre et ne peut jamais réussir à passer un bras dans la manche ; il est écrit au bas : Jamais je ne passerai cette manche-là, etc., etc." (signé Candide). Une telle caricature fait évidemment référence à la tentative de débarquement de Bonaparte en Angleterre, après la rupture de la Paix d'Amiens.


Ce sont en effet les événements de 1803 - 1804, qui virent une réactivation des complots royalistes, soldés par l'exécution de Cadoudal, du duc d'Enghien et la mort de Pichegru, qui provoquèrent en grande partie la réinstallation de Fouché à son poste de ministre de la Police : il était clair, à ce moment, que lui seul parviendrait à juguler l'opposition renaissante.


Aussi en 1805, les rapports se firent plus nombreux. On saisit des gravures royalistes. Ainsi le 18 fructidor an XIII (4 septembre 1805) (6), dans un rapport du préfet de police, est-il écrit : "On a arrêté le 16 un marchand d'estampes, chez lequel on avait déposé une gravure représentant la duchesse d'Angoulême et Louis XVIII. Le marchand a déclaré qu'il en avait vendu six et qu'il ne lui en restait plus, mais qu'il en attendait d'autres. Il a désigné pour propriétaire de ces gravures le marquis de Paroy. Il a été arrêté de suite. On en a trouvé 50 chez lui, les cuivres, la collection complète de tout ce qui a paru en ce genre depuis 1793. Parmi ses papiers, on a trouvé des vers contre Sa Majesté et M. le grand écuyer [Caulaincourt], dont M. de Paroy est allié. Il est beau-frère de M. de Bondy, parent de M. de Sérent. On s'occupe de l'interrogatoire et de l'examen des papiers".


Le bulletin du 13 vendémiaire an XIV (5 octobre 1805) relate l'interrogatoire et la fouille du marquis de Paroy (7). On a découvert "qu'au moment même de son arrestation, il s'occupait à terminer sur acier un sujet représentant Diogène éteignant sa lanterne, en montrant le portrait de Sa Majesté".

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MessageSujet: Re: les chevaliers de la foi   24/11/2006, 11:07

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Cet événement laisse supposer qu'il existait donc dans Paris des ateliers clandestins de gravures anti-napoléoniennes. Ceux-ci durent bien évidemment se multiplier à partir de 1813 - 1814, jusqu'à ce que les Cent-Jours viennent les rejeter dans l'ombre.


D'autres documents, fort rares, ont pu être répertoriés par Ernest d'Hauterive ( 8 ). Ainsi, le bulletin du vendredi 24 octobre 1806, mentionne-t-il le repérage chez le graveur-éditeur Martinet d'une caricature représentant "le docteur Gall (9); consulté par l'empereur de Russie et le roi de Prusse. Au bas, on lit : Le docteur : "Quoi ! toujours fou ?" - L'Empereur : "Austerlitz n'a pu me guérir". Le docteur : " Et vous aussi ?... Et votre femme ? "Le Roi : "Docteur, elle bat la campagne".



La Direction générale de l'Imprimerie et de la Librairie
En fait, ce fut avec la mise en place de la Direction Générale de l'Imprimerie et de la Librairie, créée au sein du Ministère de l'Intérieur (dirigé par Fouché depuis 1809) par décret du 5 février 1810 (10) que toute les gravures furent répertoriées. L'esprit de chicane et de tracasserie policières n'était pas absent de la création de cette institution, puisque l'article 12 stipulait que toute nouvelle publication devait être déclarée à la préfecture. Pourtant ce fut là l'origine du dépôt légal, encore en vigueur de nos jours, et fort utile pour la connaissance des publications de tous ordres.

Par décret du 12 février 1810, Joseph-Marie Portalis (1778 - 1858) fils du ministre de cultes, alors conseiller d'Etat, était nommé Directeur général de la Librairie (11). Très vite, il eut des censeurs sous ses ordres (Lacretelle le jeune, Daunou, Esmenard, Schiaffini) (12), car ainsi que le rappelait l'article 10 du décret du 5 février 1810, "rien ne devait être imprimé qui puisse porter atteinte aux devoirs des sujets et à l'intérêt de l'Etat". Selon l'article 5, les imprimeurs devaient être brevetés et assermentés. Ce brevet devait être soumis à l'approbation du ministre de l'Intérieur. Plusieurs imprimeurs furent ainsi radiés des listes, ce qui provoqua la protestation de certains d'entre eux, comme Marie-Charles Joseph, chevalier de Pougens (1755-1833), le 1er septembre 1811.


En même temps que se mettait en place ce nouveau système des dépôts, très précieux pour ce qui nous concerne, ainsi que nous le verrons, Fouché était chassé du ministère de la Police le 3 juillet 1810. Il était aussitôt remplacé par Savary, duc de Rovigo (1774 - 1833), mais celui-ci n'avait pas la trempe de son prédécesseur. Il ne connaissait pas les rouages de la police, n'entretenait pas de mouchards. Il n'était qu'un exécutant parfois sans scrupules, ainsi qu'il l'avait révélé lors de l'affaire du duc d'Enghein en 1804. Ce fut cette insuffisance qui permit précisément à des groupements comme les Chevaliers de la Foi de prendre quelque vigueur ou à la conspiration du général Malet de se développer en 1812.


Après 1810 pourtant, l'étau policier s'était renforcé mais d'une manière bureaucratique, maladroite et finalement inefficace. Les archives regorgent de rapports et de dénonciations de tous ordres. On alla jusqu'à suivre les colporteurs (13). Tout cela sans résultat véritable. l'effondrement de l'Empire laissa le champ libre à l'opposition.


Durant les Cent-Jours, période pourtant réputée plus libérale, la Direction générale de la Librairie fut rattachée directement au ministère de la Police, renforçant par là-même la tendance répressive de cette institution (14). Mais il était bien tard, et la défaite de Waterloo vint mettre un terme à ce renforcement policier que les actes additionnels aux constitutions de l'Empire avaient largement occulté.


La mise en place de la Direction générale de l'Imprimerie et de la Librairie, avait provoqué l'institution de registres d'enregistrement des gravures publiées par les éditeurs. (article 11 du décret du 5 février 1810.)Bien entendu, les années 1810 - 1814 ne présentent aucune caricature contre le pouvoir napoléonien : c'était l'époque des pièces anonymes circulant sous le manteau. A partir d'avril 1814, en revanche, on rencontre régulièrement des caricatures anti-napoléoniennes officiellement déposées au dépôt légal. C'est le cas d'une oeuvre de Maleuvre, Buonaparte refusant la paix et préférant la guerre (15), ou de Napoléon véritable grand-maître de l'ordre de l'éteignoir, caricature anonyme (16). Beaucoup d'autres exemples pourraient être cités, dont on trouvera certaines références dans le catalogue des caricatures ici exposées.


Brusquement, en octobre 1815, la publication des caricatures contre Napoléon cesse, et l'on ne peut plus guère citer que Les habitans de l'île Ste Hélène se révoltant contre Bonaparte, déposé par Delacroix le 13 octobre, et Gulliver dans l'île des Géants, déposé par Gaston le 14 décembre, qui est la dernière pièce anti-napoléonienne repérée (17). Pourtant, ce fut à la fin de l'année 1815 que les journaux,libérés d'une part du carcan policier et profitant d'autre part d'un éclaircissement de la situation politique en faveur de la monarchie, commencèrent à rendre compte des publications de caricatures. C'est ainsi que le Journal des Arts mentionna le Jugement dernier de Vallardi le 1er octobre 1815. Mais ce fut le Journal de Paris qui s'en fit le plus souvent l'écho, d'août à octobre 1815, date à laquelle disparurent ces oeuvres de circonstance.




La production anglaise
La caricature anglaise est, sauf dans de rares cas, toujours signée. De même, le libraire-éditeur inscrivait systématiquement son nom et son adresse sur chaque pièce. Parmi les éditeurs britanniques, il convient de citer, Humphrey, 27 Saint James Street, éditeur de Gillray, Sidebotham, 96 Strand à Londres et Thomas Tegg, 111 Cheapside à Londres, tous deux éditeurs de George Cruikshank. Mais le plus célèbre des éditeurs anglais reste R. Ackermann, 101 Strand, qui ainsi que le rappelle John Grand-Carteret (1, utilisait tous les moyens pour attirer les badauds devant sa devanture. En 1802, un émigré français écrivait au publiciste Mallet du Pan : "Si l'on se bat là-bas, pour défendre ses biens et sa personne contre le grand agitateur corse, on se bat ici, à qui pourra le premier apercevoir les caricatures de Gillray devant le magasin de M. Ackermann. C'est un enthousiasme indescriptible quand le nouveau dessin apparaît ; c'est presque de la folie. Il faut boxer pour arriver à se faire un passage. Et l'on m'affirme que, tous les jours, des ballots de ces caricatures sont expédiés au dehors Cette dernière phrase laisse supposer qu'un véritable commerce à objectif politique et idéologique s'était mis en place en Angleterre, afin d'inonder le continent de caricatures.

J. Grand-Carteret cite également l'auteur des Souvenirs de Londres en 1814 et 1816 : "En revenant à notre hôtel, nous aperçûmes une grande foule, devant une boutique, dans le Strand. La réunion était bruyante, l'agitation des bras indiquait même l'exercice des boxeurs. Nous apprîmes bientôt qu'une caricature nouvelle causait tout le tumulte. Quel triomphe pour l'artiste ! " (19).



La diffusion en Allemagne
Malgré la censure qui s'était abattue sur l'Allemagne, soit qu'elle fut annexée ou alliée de l'Empire (Confédération du Rhin, royaumes de Saxe, de Westphalie, de Würtemberg), soit qu'elle fut soumise par les armes (Prusse), les caricatures pénétrèrent à partir de 1813 sur tout le territoire. D'abord par le biais de la Russie, elle-même ravitaillée par l'Angleterre. Puis les guerres de libération aidant, une véritable production nationale se répandit. En une semaine, 20000 exemplaires de la tête de Napoléon formée de cadavres furent vendus à Berlin (20). La Prusse fut à l'origine du développement de la caricature anti-napoléonienne, qui participait du combat national, et les plus grands artistes, comme Gottfried von Schadow, ne dédaignèrent pas de s'y intéresser. August von Kotzebue (1761-1819) parlait de "l'esprit de Hogarth", le peintre anglais, à propos de ces oeuvres, nouvelles finalement en Allemagne (21). Ce qui indique bien que les caricatures anglaises furent les premières connues, en Allemagne. Comme en Angleterre, la caricature était doublée par le pamphlet, et c'est l'Allemagne qui se montra là la plus haineuse et la plus virulente. Citons ce passage du Mercure Rhénan de Joseph Görres: << Le noir coursier se tient impatient devant la porte de son palais impérial et frappe du pied. Il [Napoléon] sait qu'il doit le monter, mais il hésite et recule. Il voudrait que ce qui est arrivé ne le fût pas. Mais les roues se meuvent, les aiguilles volent, l'un plus vite que l'autre ; enfin, la dernière heure a sonné et l'inévitable doit s'accomplir. Il faut qu'il parte à travers les airs avec l'hippogriffe, soufflant le feu par les naseaux" (22). Si les souverains allemands encouragèrent momentanément ce genre de manifestations nationalistes (images ou pamphlets), la chute de l'Empire les incita très vite cependant à reprendre l'opinion en main, et la Prusse donna l'exemple, qui avait toujours été un gouvernement fort, fondé sur l'armée. Seule l'Angleterre en effet, définitivement démocratique, laissa les artistes s'exprimer librement, même après la chute de Napoléon. On avait d'ailleurs assisté en Angleterre à des critiques caricaturales visant à la fois Bonaparte et la Paix d'Amiens, c'est-à-dire le gouvernement britannique, et cela n'avait choqué personne (cf. Preliminaries of Peace ! (1801) de James Gillray).

En revanche, sur le continent, on tenta très rapidement de juguler l'opinion, tant en France, qu'en Allemagne ou en Italie, Espagne, etc. L'ordre ancien fut rétabli, autant que possible au Congrès de Vienne, et il n'était plus question de laisser les peuples, utiles un temps pour la libération des territoires occupés par la France, s'exprimer librement. La caricature, qu'elle fut nationaliste comme en Allemagne, et dans une moindre mesure en Russie, ou proprement politique et idéologique comme en France, apparaît finalement comme le premier acte de liberté de l'opinion à travers toute l'Europe. Et le XIXe siècle démontra bien le fait que les peuples entendaient désormais, sous quelque forme que ce fut, dicter leurs intérêts à leurs souverains. Il n'y a guère qu'en Prusse et en Angleterre où l'esprit de la caricature rencontra un écho favorable au niveau des gouvernements. Ce furent sans doute les seuls Etats où l'adéquation entre la caricature et le régime se trouva confortée au plan des idées politiques.

propos recueillis sur napoleon.org

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