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 LES GRIMOIRES ET LEURS ANCETRES

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shalia
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MessageSujet: LES GRIMOIRES ET LEURS ANCETRES   10/11/2006, 13:15

Le mot « grimoire » est la déformation de « grammaria », « grammaire » et désigne à l'origine un ouvrage écrit en latin, mais il a vite pris le sens de livre de magie. Il se présente comme un mélange de recettes diverses aussi bien pour guérir certains maux que pour conjurer ou invoquer les démons, obtenir tel avantage, fabriquer des talismans et des amulettes, lever ou jeter des sorts, etc...
Les traités de magie ont existé bien avant l'apparition du vocable « grimoire », terme générique qui désigne des ouvrages très divers mais ayant en commun d'appartenir à un type d'écrits anathémisés par l'Eglise.

Le premier des magiciens est Albert Le Grand (1216-1280). On lui doit notamment « Le miroir d'astronomie », un traité qui évoque des images abominables de Toz le Grec, Germath de Babylone, Belenus et Hermès, images de planètes qu'on invoque en s'adressant aux cinquante quatre anges qui accompagnent la lune dans sa course.
Il parle des caractères ; c'est à dire des signes et symboles magiques, et des noms détestables que l'on trouve dans les livres de Salomon sur les quatre anneaux et les neuf chandeliers.
Toz le Grec a laissé un traité sur les « Quatre stations du culte de Vénus » et le « Livre des quatre miroirs », « Le livre des prestiges », « Le livre de la Lune », « Le livre des images de Mercure ». Toutes ces oeuvres traitent de magie astrale, donnent des recettes pour la fabrications des amulettes et talismans planétaires, décaniques et zodiacaux, des remèdes liés à la configuration du ciel, les noms des anges et des démons des corps célestes, des stations de la lune, etc... ainsi que leurs symboles secrets.
Hermès se taille la part du lion par le nombre d'ouvrages qui lui sont attribués, et seul Salomon lui dispute la palme.

Roger Bacon (1214-1294) celèbre par son « Miroir de l'alchimie » et par son traité des « oeuvres secrètes de la nature et de l'art, et de la nullité de la magie », ouvrage qui lui vllu la réputation de magicien par la suite. Le deuxième de ses ouvrages posséda un autre titre : « Le trésor de la nécromancie ».

Le plus exhaustif de tous les auteurs du Moyen Age reste Jean Trithème (1462-1516), célèbre abbé de Spanheim. Il donne une liste de 89 titres, ce qui représente une vraie bibliothèque pour l'époque.
Trithème donne son avis sur ces ouvrages dont il a lus :
Je cite : « « Le livre des quatre rois » est pestifère et on n'ose attribuer ces oeuvre à saint Cyprien. On ne prête qu'aux riches ! Saint Cyprien est resté célèbre , justement, pour avoir été un grand magicien avant de se repentir. « Le Trésor des esprits », dû à un certain Rupert, et qui est aussi appelé « Traité de nécromancie », car il nous apprend comment faire obéir les esprits malins. « Le Lucidaire de nécromancie » par Pierre Apono ne contient rien de sain. « Le secret des philosophes » est perfide et stupide. « Le Lien des esprits » renferme de nombreuses oraisons et conjurations par lesquelles les hommes vains et les esprits perdus peuvent se lier. « Le livre des prestiges » qu'on doit à un certain Thomas, promet de grandes merveilles et traite des anneaux fabriqués selon les trente huit mansions de la lune, de leurs caractères et vaines fumigations. Balenitz a écrit un « Livre de l'inclusion des esprits dans les anneaux des sept planètes ». N'oublions pas « Le livre des sortilèges » d'Albedach et « Les sortilèges » d'Albagor.
Il s'attardera à donner une notice plus développée sur « Le picatrix » et « Les cyranides »
Pour le premier il dira que c'est un très gros volume composé de quatre livres, traduit de l'arabe en latin en 1256, dans lequel on trouve maintes choses frivoles, superstitieuses et diaboliques, qui fournit des oraisons aux esprits des planètes, ainsi que des images et des anneaux avec des caractères variés.

Le deuxième lui relève aussi de la magie et compte quatre livres où l'on apprend comment confectionner des remèdes et talismans, il possède une orientation astrologique moins marquée et sa magie est alphabétique. Selon la théorie des émanations, les planètes disperseraient leur puissance dans la nature .En regroupant les éléments qui la recueilleraient .
C'est à dire en réunissant les maillons d'une chaîne de sympathie : à savoir une planète, une pierre, un métal, une plante, un volatile, un quadrupède et un poisson, on obtiendrait un effet qui dépasse largement la vertu naturelle de chaque élément. Le choix des éléments s'opère en fonction de la lettre initiale de chacun. Le témoin est un manuscrit latin daté de 1272. Il s'agit d'une traduction faite à Constantinople en 1169 sur un original grec perdu.

C'est donc à partir de traités semblables que sont constitués les grimoires qui commencent à être imprimés au XVI siècle et jouissent ensuite d'une vitalité remarquable. L'église chrétienne a mis ces livres à l'index et la censure a obligé les imprimeurs à donner des indications fantaisistes sur le lieu et la date de publication. Le plus ancien a être évoqué est le « Thesaurus necromantiae » d'Honorius, antérieur à 1376.
Dès le XV siècle , de nombreux grimoires ont été imprimés, parmis lesquels il faut citer « l'Enchiridion Leonis pape serenissimo imperatori Carolo Magno », que le pape Léon aurait offert à Charlemagne, le « Grimoire du pape Honorius avec un recueil des plus rares secrets » imprimé à Rome en 1670, « Grimonium vernum » ou « Les véritables Clavicules de Salomon » soit disant publié à Memphis chez Alibek l'égyptien en 1517 , le « De magia veterum » par Arbatel publié à Bâle en 1575, et le « Clavis maioris sapientiae » d'Artefius publié à Paris en 1609.
Ces titres ne sont pas sans évoquer Lovecraft qui rappelle sans cesse le « Necronomicon » d'un certain Arabe fou.
Citons enfin « La magie naturelle » de Jean-Baptiste Porta, parue à Naples en 1558 et imprimé à Lyon en 1650 par Pierre Compagnon.

Dans la catégorie des grimoires entrent aussi les recueils de prescriptions médicales destinées à Monsieur Tout Le Monde ; faisant appel au surnaturel qu'il soit païen ou chrétien, ces livrets de colportage proposent de curieuses recettes. Il faut citer ici « Le Bastiment des receptes » imprimé à Lyon par Jacques Bouchet en 1544, puis par Jacques Lion en 1693, à Troyes en 1699 et réédité jusqu'en 1824.

En France, les plus célèbres grimoires sont « Le Petit et Le Grand Albert », que l'on trouve toujours dans les librairies d'ésotérisme. La première édition connue du « Petit Albert » dont le véritable titre est « Le secret des secrets de Nature », date de 1706, il fut repris par Jacques Antoine Garnier en 1723 et connut bien d'autres éditions populaires.
Certains grimoires sont véritablement légendaires comme « L'Agrippa », qui tire son nom du célèbre Henri Corneille Agrippa de Nettesheim, dont on prétend qu'on ne peut jamais s'en débarrasser, ni par le feu, ni par l'eau, ni en le vendant et qu'on mourra donc damné. Le livre aurait la taille d'un homme et devrait être enchaîné à la poutre maîtresse de la maison, et il faudrait le battre pour s'en rendre maître.
D'autres grimoires sont aujourd'hui proposés dans le commerce, mais ils ne font que reprendre une matière déjà publiée et souvent déformée. Leurs auteurs qui se dissimulent sous des pseudos un peu exotiques leur confèrent un certain mystère en affirmant qu'on a trouvé celui-ci enchaîné dans les caves d'un monastère et qu'il a été écrit avec du sang ou du phosphore, scellé avec l'empreinte d'une tête de mort.

Les anciens grimoires se présentent sous deux formes. D'abord sous un petit format avec de 20 à 50 feuillets, véritable livre de poche destiné à être consulté lorsque le sorcier ou le mage était appelé par qui requérait son office. Ensuite sous forme d'un grand folio, ouvrage monumental de consultation et d'étude chez soi. Ce dernier type n'a jamais été imprimé et ne se rencontre que sous forme manuscrite dans les fonds des bibliothèques et il est bien plus riche que tout ce qu'on peut trouver chez les bouquinistes et les antiquaires.
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