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 LE CHAMANISME

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shalia
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MessageSujet: LE CHAMANISME   10/11/2006, 13:00

S'il existe, au sens large, un chamanisme sibérien, indonésien, océanien, nord et sud-américain, c'est que, malgré la diversité géographique, les caractères du chamanisme offrent certaines constantes. Au sens strict, pourtant, le terme chaman désigne un prêtre ou un sorcier de certaines religions dites «primitives» ou «premières» qui ont cours en Asie septentrionale (Sibérie), puisque le mot vient du toungouse, qui est une langue altaïque parlée, entre autres, dans cette région du globe. Quoi qu'il en soit, depuis le début du XXe siècle, il est de coutume, en ethnologie, d'appeler indifféremment chaman (ou shaman), medecine-man, (grand) sorcier, voire magicien, un individu doué de pouvoirs magico-religieux et connaissant les techniques de l'extase.

Ces techniques impliquent la transe, mais aucunement la possession. Dans son extase, le chaman communique avec les esprits de la Nature ou avec les morts à seule fin (c'est là le point capital) de les asservir, de les dominer, de les utiliser, et non point pour devenir leur instrument passif. C'est pourquoi le chamanisme n'est pas à la portée de tous. Poète, prêtre, mystique, responsable spirituel de la communauté, le chaman est un «élu». Sa vocation doit se révéler aux yeux des siens. Chez les Vogouls, elle se transmet héréditairement par les femmes; par les hommes et par la manifestation des esprits chez les Ostyaks et les Samoyèdes sibériens. Un chaman défunt apparaît en rêve chez les Toungouses transbaïkaliens. L'élection céleste est un don inné chez les Ostyaks orientaux et les Vasiuganes, etc. Les états morbides, qualifiés d'«hystérie arctique» par Ohlmarks, se retrouvent chez les chamans comme chez nos médiums. Toutefois, soulignons-le, le chaman est toujours maître de sa «crise». Comme l'a dit Mircea Eliade, c'est «un malade qui a réussi à guérir, qui s'est guéri lui-même» et qui, par conséquent, peut guérir les autres.
Si la vocation chamanique se signale de façons diverses selon les régions du globe, l'élu subit toujours ce qu'on appelle la «maladie-initiation» (souffrance, mort, résurrection symboliques). Le candidat s'exerce à différentes épreuves (dompter les éléments, revêtir à volonté des formes animales, braver le froid et les blessures, s'abraser la peau) et apprend des techniques qui incluent aussi bien les tours de passe-passe que la magie, l'apprentissage d'un langage secret aussi bien que l'expérience extatique. Cette dernière l'autorise notamment à percevoir les âmes sous leur enveloppe charnelle, à les accompagner quand elles quittent leur corps (sommeil ou mort) et à les ramener le cas échéant dans celui-ci, d'autre part, à descendre aux Enfers dans le but de racheter les âmes d'accidentés ou de malades et à les ravir aux démons voraces, enfin à monter au Ciel afin de converser avec les dieux. L'extase lui confère de surprenants pouvoirs: lévitation, envol dans les airs, invisibilité, maîtrise du feu.



Pour étudier cette religion primitive, nous avons utilisé l'ouvrage de Mircea Eliade: Le chamanisme et les techniques archaïque de l'extase (1968). Eliade défini le chamanisme comme une mystique, une magie, et une religion au sens large du terme. Il est répandu avec différentes variantes sur l'ensemble du globe, la Sibérie, le Tibet, la Chine, l'Océanie, les Amériques du sud et du nord en sont les principaux groupes. La caractéristique commune est la présence du chaman. Il est à la fois prêtre, magicien, médecin et mystique, et surtout, c'est un spécialiste de la transe.
La transe chamanique.
Les transes chamaniques n'ont pas de caractéristiques fixes observables . Certaines sont calmes et au contraire, il existe des formes avec une agitation et des cris.
Les rituels de déclenchement de la transe sont très variables selon les groupes ethniques. Nous pouvons citer le cas du chaman Yakoutes. Il fixe au préalable des courroies à ses épaules et les autres personnes en tiennent les extrémités puis il regarde fixement le feu du foyer, il bâille, il pousse des hoquets spasmodiques, il est secoué par intervalle de tremblements, il endosse son costume chamanique et il bat tout doucement du tambour. Au bout d'un moment son visage pâlit, sa tête tombe sur sa poitrine, ses yeux se ferment à demi.
C'est le contenu subjectif de la transe qui permet d'établir des liens entre toutes les variétés du chamanisme. Le "voyage" de l'esprit quittant le corps est une constante. Les thèmes et les symboles en sont très riches avec des variations culturelles. Pendant ce voyage, le chaman voit des paysages irréels, les esprits des morts, les démons de la nature, etc. Son esprit peut se transformer en ours en oiseau ou en toutes sortes d'animaux. Avec cette nouvelle identité pendant la transe, il peut parler le langage des animaux ou celui des esprits.
Nous retrouvons la structure de la transe hypnotique:
- L'absence d'une phénoménologie observable fixe, l'importance de la dimension subjective de l'expérience, et le passage d'une réalité habituelle à une nouvelle réalité pendant la transe.
- Des dispositifs inducteurs qui rappellent les conventions de phasages suffisantes pour les individus entraînés à l'hypnose.
C'est pourquoi il est intéressant d'étudier la formation et le recrutement des chamans. Comment deviennent-ils des professionnels de la transe?
Les voies de recrutement prennent de nombreuses modalités culturelles. Parfois c'est une transmission héréditaire mais elle est rarement suffisante, elle doit être complétée par la survenue de différents événements qui vont permettre la désignation du nouveau chaman. Ils sont aussi variés que la chute d'un météorite ou de la foudre près du candidat, un rêve, la désignation par un chaman confirmé, la survenue spontanée d'une transe, etc. A partir de ce moment le candidat sait qu'il a été "appelé par les dieux". Le monde va progressivement prendre deux significations. Il se prépare à quitter le monde profane habituel (cadre primaire) pour entrer dans un nouveau monde spirituel (cadre modalisé). Il devient sensible à certains signes, il voit la nature, les animaux, ses proches d'une nouvelle manière. Ses rêves peuvent devenir une source d'information, mais aussi la branche de l'arbre qui se casse, l'oiseau qui crie au-dessus de lui. Il interprète les événements avec un nouveau cadre. La plupart du temps ses aînés lui délivrent une formation poussée associée à un régime plus ou moins drastique comportant des périodes de jeûne et d'isolement. Le monde des esprits y est décrit en détail (construction du cadre modalisé).
Le déclenchement de la transe est l'aboutissement d'un long processus. Le candidat apprend par étapes à voir sa réalité sous deux aspects désignés par Mircea Eliade, réalité profane et réalité spirituelle. Il utilise dans sa vie quotidienne deux cadres différents. Sa formation lui permet de construire un cadre spirituel de plus en plus étoffé. Il entre dans une nouvelle réalité. Le déclenchement de la transe sera l'abandon total d'une référence au cadre profane pour entrer totalement dans une réalité spirituelle.
Conclusion.
La comparaison des transes chamaniques avec l'hypnose est sans doute délicate compte tenu de la différence des contextes. En utilisant la théorie du cadre la transe chamanique peut être considérée comme transe hypnotique profonde.
Toutefois il convient d'éviter d'établir des rapprochements trop rapides. Nous rappelons ici qu'à juste titre Erickson pose la question d'une éventuelle différence entre l'hypnose expérimentale et thérapeutique. Erickson à néanmoins comparé les comportements des transes à Bali avec l'hypnose (in Rosen). Si un tel rapprochement mérite déjà une prudence, il y a tout lieu de redoubler cette prudence avec le chamanisme. Nous proposons une hypothèse qui mériterait sans doute d'être plus approfondie.
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shalia
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MessageSujet: Re: LE CHAMANISME   10/11/2006, 13:00

PREHISTOIRE
Le chamanisme est un ensemble de croyances et de pratiques magiques, un mode de religiosité largement répandu dans le temps et dans l'espace (Sibérie, Asie centrale, Mongolie, Amériques, Australie, Afrique, Arctique). Il se caractérise par la croyance en l'existence d'un monde parallèle ou superposé au nôtre, les deux mondes ayant une influence l'un sur l'autre ; il croit que les chamanes peuvent à volonté entrer en contact avec les esprits de ce monde-autre par le moyen de la transe.
Certains spécialistes envisagent le chamanisme comme la religion primordiale, sans doute paléolithique. Kirchner et Lommel spéculent sur la signification de peintures et de gravures rupestres, par exemple le "chamane frappé" de la Scène du Puits de Lascaux (1), ou le "Dieu Cornu" et le "Petit Sorcier à l'arc musical" (2) du Sanctuaire des Trois-Frères. Citons également le "Sorcier" de la grotte de Gabillou (3). Clottes et Lewis-Williams soutiennent eux aussi que de nombreuses peintures et gravures paléolithiques sont d'origine chamanique. Elles représenteraient les esprits-animaux rencontrés dans les visions au fond des grottes. Lewis-Williams et Dowson retrouvent les motifs géométriques et les êtres chimères des phénomènes hallucinatoires parmi les thèmes des arts rupestres de sociétés chamaniques comme celle des San en Afrique du Sud. Le thème de ces créatures composites anthropozoomorphes est très ancien, puisqu'on le retrouve dès l'Aurignacien (Chauvet, Höhlenstein-Stadel) et persiste jusqu'au Magdalénien.
Mais l'origine chamanique de ces représentations rupestres préhistoriques ne fait pas plus l'unanimité que l'existence du chamanisme au Paléolithique. Une récente découverte de Martin Street à Bedburg-Königshoven en 1987 permet néanmoins de prouver l'association de coiffes animales surprenantes avec le Mésolithique ancien. Il s'agit d'os frontaux de cerfs portant encore leurs bois et perforés de chaque côté, manifestement afin de permettre leur fixation sur un crâne humain. La comparaison avec les pratiques chamaniques relatées par l'ethnographie (4) renforce l'idée de l'existence de cette pratique dès le Mésolithique au moins (5000 à 10000 ans avant notre ère).

Les cultures européennes de 40000 à 10000 BP

La préhistoire est l'étude des productions de l'Homme (et peut-être d'autres Homininés) antérieures à l'invention de l'écriture. Les plus vieux outils fabriqués remontent à 2,6 ou 2,7 millions d'années (Ma), et apparaissent donc en même temps que les premiers humains, Homo habilis et Homo rudolfensis. Les mains de certaines espèces d'Australopithèques contemporains de ces premiers Hommes auraient cependant une anatomie adaptée à la production d'outils. Cela demeure hypothétique, et à l'heure actuelle, la fabrication d'outils semble l'une des caractéristiques du genre humain.
La préhistoire couvre donc la période s'étalant de 2,7 Ma BP à 5400 BP. Si je ne l'ai pas encore dit, BP signifie Before Present, c'est-à-dire "avant le présent", ce présent désignant arbitrairement l'année 1950 de notre ère. Notons avec perversité que les dinosaures, animaux dits préhistoriques, ne devraient par définition pas intéresser les préhistoriens...
La préhistoire est découpée en plusieurs périodes : Paléolithique archaïque, Paléolithique inférieur, Paléolithique moyen, Paléolithique supérieur, Mésolithique, Néolithique.

LE PALEOLITHIQUE ARCHAÏQUE
Les plus anciennes industries découvertes dans le monde sont africaines. Elles sont composées essentiellement de galets aménagés (choppers et chopping-tools), ainsi que de polyèdres et d'éclats. Le schéma de débitage est relativement élaboré et montre la répétition d'un schéma opératoire déjà précis.
LE PALEOLITHIQUE INFERIEUR
Les techniques vont se développer durant le Paléolithique inférieur : les outils se diversifient, la matière première est mieux gérée, de nouvelles techniques de taille apparaissent. Les outils sont des galets aménagés (civilisation oldowayenne) puis à partir de 1,6 Ma également des bifaces caractéristiques des civilisations acheuléennes durant lesquelles se développe une nouvelle méthode de débitage des éclats, le débitage Levallois, qui permet d'obtenir un éclat dont la forme demeure prédéterminée. Le Paléolithique inférieur, présent en Afrique, au Proche-Orient , en Asie et en Europe , dure jusque vers 300 000.

LE PALEOLITHIQUE MOYEN
Les cultures moustériennes sont les principales cultures du Paléolithique moyen dont la limite avec le Paléolithique inférieur est définie par la raréfaction des bifaces et la généralisation de l'outillage fabriqué sur éclats (et parfois sur lames). Ces modifications se font sur un mode progressif, et les deux périodes constituent plutôt un continuum en Europe. Une limite, arbitraire, pourrait être proposée autour de 200 000 ou 300 000. Le site de Biache Saint-Vaast est un des plus anciens exemples d'industrie moustérienne, avec une datation absolue entre 150 000 et 200 000 BP. Les industries moustériennes sont associées à l'Homme de Neandertal. Certains Hommes morphologiquement modernes ont cependant été retrouvés sur des sites moustériens du Proche-Orient. La photo représente une des rares productions (proto-)artistiques moustériennes, le masque de La Roche-Cotard. En effet, si les Moustériens connaissaient la décoration, les préhistoriens considèrent que l'art est absent de leur culture. C'est avec le Moustérien qu'apparaissent les premières inhumations volontaires.
Le Moustérien disparait vers 30 000, en même temps que l'Homme de Neandertal et que le Châtelperronien, industrie uniquement associée à l'Homme de Neandertal, mais comprise dans le Paléolithique supérieur.

LE PALEOLITHIQUE SUPERIEUR
Il est caractérisé par l'accélération de l'évolution des techniques de subsistance, par le débitage de lames et non d'éclats, par la spécialisation des outils et par l'émergence de l'art figuratif, apparu presqu'à la même époque en Europe, en Afrique, en Australie et en Sibérie, il y a 30000 à 40000 ans. Les plus anciens indices d'une activité artistique sont des crayons d'ocre de 50000 BP découverts dans la grotte d'Apollo 11 (Namibie) avec des plaquettes peintes datant de 30000 BP, et les mains des grottes de Pedra Furada (Brésil) et de Wandjina (Australie) datant de 50000 BP. Un exemple de proto-art est représenté par le sanctuaire de Har Karkom (Israël, 40000 BP), un rassemblement de roches aux formes naturellement anthropomorphes et retouchées pour accentuer la ressemblance avec des formes humaines. Quant aux plus anciens indices de la pensée symbolique ce sont des tablettes gravées de traits retrouvées à Blombos en Afrique du Sud datées cette fois de 79000 BP.
La majorité des auteurs estime que l'apparition des industries du Paléolithique supérieur en Europe correspond à l'arrivée vers 40000 BP des Hommes morphologiquement modernes (Homo sapiens) alors que l'Europe était jusque là occupée par les Néandertaliens.

Le CHÂTELPERRONIEN est retrouvé à partir de 38000 BP et est connu dans le Sud-Ouest de la France, le Massif central et son pourtour et le Nord de l'Espagne. En Europe centrale, il correspond au Szélétien et en Italie à l'Uluzzien. Il associe des traits moustériens et des éléments du Paléolithique supérieur. Les fouilles de Saint-Césaire et d'Arcy-sur-Cure ont montré que les Châtelperroniens étaient des Néandertaliens alors que l'on attribuait jusqu'alors toutes les cultures du Paléolithique supérieur à l'Homme moderne. Depuis, l'origine du Châtelperronnien pose problème : s'il a préexisté à l'Aurignacien, cela signifierait que l'Homme de Neandertal a accédé au Paléolithique supérieur sans l'influence de l'Homme moderne. Il s'agit en fait de savoir si les Néandertaliens étaient d'une humanité identique à la nôtre, avec des capacités d'abstraction, une spiritualité et un sens artistique semblables. Or les données connues actuellement sont contradictoires: les plus anciens sites aurignaciens paraissent antérieurs aux premiers sites châtelperronniens, mais certains semblent le fruit d'une évolution locale du Moustérien. Le Châtelperronien est caractérisé par le débitage laminaire (lames travaillées pour obtenir burins, pointes et grattoirs), les pointes de Châtelperron, l'apparition d'outils en os et d'éléments de parure (perles, pendeloques).
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shalia
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MessageSujet: Re: LE CHAMANISME   10/11/2006, 13:00

L'AURIGNACIEN (38000 à 29000 BP) est caractérisé par un outillage lithique principalement façonné sur lames et par des pointes de sagaies en os à base fendue. Les productions artistiques représentent des animaux terrifiants (félins, ours, mammouths, chevaux se cabrant). L'art mobilier est sophistiqué (statuettes en ivoire, naturalistes et stylisées : l'homme à tête de félin du Hohlenstein-Stadel) et l'art rupestre (grotte Chauvet) aussi élaboré, tant au niveau technique que thématique, que celui des grottes plus connues et plus récentes du Magdalénien. L'Aurignacien est divisé en deux phases principales, l'Aurignacien ancien et l'Aurignacien évolué, et est précédé par le Protoaurignacien. Il s'est répandu de façon relativement rapide. On en trouve des traces précoces en Bulgarie (entre 40000 et 45000), en Europe orientale (Kostenki en Russie, avant 32000 BP), au nord du cercle polaire (Lipovaya et Kur'ya, il y a plus de 35000 ans) et en Sibérie (il y a plus de 30000 ans). Cette "nébuleuse aurignacienne" se prolonge en Russie jusqu'au seuil du maximum glaciaire si l'on considère que les statuettes animalières des sépultures de Sounguir (un peu avant 25000 BP) ressemblent à celles des couches aurignaciennes de Vogelherd (Allemagne). L'origine de la culture aurignacienne paraît asiatique : Marcel Otte note en effet que l'on ne retrouve pas un seul de ses silex en Afrique alors qu'ils abondent en Asie centrale dès 50000. Les études génétiques d'Ornella Semino et Peter Underhill concluent également à l'existence d'une vague migratoire en provenance d'Asie centrale il y a 40 000 ans. Mais les chercheurs qui étudient la grotte du Castillo (Espagne, entre 35000 et 44000) estiment que l'Aurignacien y résulte d'une évolution locale du Moustérien. L'industrie de Bacho-Kiro (Bulgarie, 43000 BP ?) est également parfois considérée comme un Aurignacien "local".
Quant aux auteurs de la culture aurignacienne, ils restent en partie inconnus : à partir de 30000, les fossiles aurignaciens sont tous d'anatomie moderne. Mais on ignore à quelle espèce humaine, néandertalienne ou moderne, appartiennent les premiers Aurignaciens.

Le GRAVETTIEN (29000 à 22000 BP) couvre toute l'Europe de l'Atlantique à l'Oural. Les armes et les outils sont plus légers, plus complexes et mieux adaptés. Certains faciès régionaux ont reçu une dénomination particulière : Périgordien supérieur dans le Sud-Ouest (divisé en Périgordien IV, V, VI et VII), Pavlovien en Europe orientale. L'outillage est caractérisé par les pointes de Bayac et les pointes de la Gravette et surtout par une quantité importante de burins. Du point de vue artistique, une forme des images religieuses demeure la statuette (en ivoire toujours, mais aussi pour la première fois en terre cuite). Le style (réalisme expressionniste) et la thématique animalière (félins, ours, mammouths, chevaux) sont identiques à ceux de l'Aurignacien en Europe centrale et orientale et dans le Lot, tandis que dans le sud de la France les animaux chassés remplacent les animaux dangereux. La thématique anthropomorphe concerne par contre la femme, dans un style identique d'un bout à l'autre de l'Europe (caractères distinctifs de la féminité marqués exagérément) tant dans la sculpture que sur les parois gravées. Un autre thème caractéristique du Gravettien est celui des mains négatives à doigts incomplets.

Le SOLUTRÉEN (22000 à 17000 BP) se limite à la France et l'Espagne. Ailleurs, le climat froid qui est à son paroxysme (maximum glaciaire de 22000 à 20000 BP) a dépeuplé les zones septentrionales et centrales, tandis que les Balkans et l'Italie sont occupés par les cultures "tardi-gravettiennes". Le Solutréen est divisé en trois périodes aux pièces caractéristiques : Solutréen inférieur (pointe à face plane), Solutréen moyen (feuille de laurier), Solutréen supérieur (pointe à cran ,feuille de saule). Comme toujours, les pièces d'une période peuvent subsister dans les périodes suivantes. Proto-solutréen et Solutréen final complètent cette subdivision. Le travail de la pierre est de toute beauté et d'une grande finesse grâce à la retouche par pression. L'art solutréen est un mélange de naturalisme et d'archaïsme : réalistes et animés, les animaux demeurent massifs et stylisés. Deux autres spécificités de l'art pariétal solutréen sont le thème de l'homme blessé (Pech-Merle, Cougnac, Cosquer) et les signes de type Placard. Ce sont les Solutréens qui ont inventé le propulseur (le plus ancien date de 22000 BP) et l'aiguille à chas. Le Solutréen se prolonge par le Badegoulien avant de laisser la place au Magdalénien qu'il aurait partiellement influencé.
A partir de 18000 BP, l'art mondial est moins homogène et les particularismes régionaux apparaissent. C'est notamment le cas en Europe où après le maximum glaciaire on distingue dans les parties ouest et est du continent des différences techniques et culturelles qui évolueront indépendamment ensuite.

Le MAGDALÉNIEN (17000 à 10000 BP) est très différent du Solutréen. Il développe le débitage laminaire et certains types d'outils particuliers apparaissent : les triangles scalènes au Magdalénien inférieur, les burins bec-de-perroquet, la pointe à cran magdalénienne et la pointe de Laugerie-Basse au Magdalénien supérieur. L'art pariétal (superbe à Altamira, Niaux et Lascaux) et mobilier attestent d'une grande maîtrise, évoluant vers l'hyperréalisme. Un nouvel outil apparaît : le harpon. Vers 13000 BP, la dernière phase glaciaire prend fin et le climat se réchauffe pour devenir semblable à celui d'aujourd'hui. Mammouths, bouquetins, rhinocéros laineux, chevaux et rennes disparaissent.


Non loin du camp mésolithique de Bedburg-Königshoven (district de Erft, en Rhénanie), des ossements ont été découverts en 1987 près d'une mine de charbon. Ils se trouvaient dans les sédiments d'un ancien lac. Le camp lui-même ne fut pas fouillé, car on s'intéressa plutôt aux restes de multiples tableaux de chasse qui avaient été jetés dans les eaux.
Cette exceptionnelle découverte - des fossiles de grands et de petits mammifères, d'oiseaux et de poissons - permet un aperçu sur le mode de vie et l'économie des chasseurs-collecteurs mésolithiques, mais aussi sur certaines de leurs coutumes liées indirectement aux moyens de subsistance.
C'est en effet ce que rendirent possibles de façon sensationnelle deux crânes de cerf retouchés. Les os en ont été retirés à l'exception d'une partie de la calotte et des ramures, laissées en place. Deux orifices latéraux ont été percés sur chacune des deux calottes crâniennes.
De tels crânes retravaillés sont interprétés comme des masques à ramure de cerf. Ils ont vraisemblablement été portés comme des parures, fixées par les deux orifices artificiels. Ils sont peut-être le lien entre d'une part les êtres anthropomorphes des productions artistiques du Paléolithique supérieur et d'autre part les croyances et coutumes des chasseurs modernes de l'Eurasie septentrionale.
Ainsi s'annonçait la persistance d'un aspect de la culture du Paléolithique supérieur sous la forme du chamanisme, représentation du monde caractéristique des peuples chasseurs actuels.
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MessageSujet: Re: LE CHAMANISME   18/12/2006, 07:04

Allo Shalia,

J'aimerais juste rajoutter un élément à ta recherche, si tu me le permets, à propos du passage suivant :

Citation :
Ces techniques impliquent la transe, mais aucunement la possession. Dans son extase, le chaman communique avec les esprits de la Nature ou avec les morts à seule fin (c'est là le point capital) de les asservir, de les dominer, de les utiliser, et non point pour devenir leur instrument passif.

Ceci n'est pas faux ...

Pour que le sorcier soit en mesure de maîtriser l'esprit d'un défunt ou un esprit de la Nature hostile, il doit se mettre dans un état mental lourd et profond et laisser sortir le mal qui est en lui, déchaîner le démon qui est à l'intérieur, impressionner sa proie pour qu'elle fige de peur et qu'il puisse ainsi la dominer et l'obliger à suivre sa volonté. Il se sert de la peur comme outil de contrôle et il a donc appris à connaître ces Esprits et découvert leur point faible. Il sait exactement sur quoi focuser son esprit pour arriver à ses fins.

Il est vrai que ce genre de pratique chamanique n'est pas à la portée de tous, elle relève de multiples connaissances et expériences mystiques. Et il faut aussi être très "groundé" et être capable de garder les pieds sur Terre. Certains de ces sorciers vont parfois sombrer et se feront "posséder" et retirer leur volonté. Ils verront la vie en noir.

Cependant, d'autres sorciers auront opté pour une autre approche plus "équitable". Il ne s'agira ni de dominer, ni de se faire posséder, mais plutôt d'être en communion et de ne faire qu'un avec l'Esprit de la Nature. Dans cette pratique chamanique, le sorcier tend à se rapprocher et comprendre l'autre monde. Il s'élève. Il communique d'esprit à esprit avec les êtres supérieurs.

Oui, on retrouve des constantes parmis les pratiques chamaniques au travers des cultures et traditions, mais chaque pratique est unique et propre au chaman et au savoir qui lui a été transmis.

Waban Aki
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