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 Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?

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Maerope
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MessageSujet: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   26/10/2008, 20:13

On les retrouve partout dans le monde, disséminée aux quatre coins du globe, et pourtant, similaires, elles auraient puisée leurs origines dans des cultes bien plus anciens que ceux auxquels elles sont attachées aujourd’hui. Révélation, principe du féminin supérieur, idoles ou mère de Dieu, elles représentent en tout les cas, un mystère.

Concentrées dans le centre et l’ouest de la France, ces statuettes, souvent humble, toujours construites sur le même modèle, elles sont souvent entourées d’une aura particulière, tellurique, et on leur attribue des vertus, des miracles et des origines aussi diverses que variées.

Voyons donc ou nous mènent ces vierges noires, de leurs origines obscure aux chapelles sombres, aux grottes de la création, leur vie c’est toujours déroulée « dans l’ombre »… C’est bien en cela que ces vierges sont une énigme, mais pas seulement religieuse, plutôt spirituelle, théologique, voire magique…

Commençons notre étude par cette citation d’Apulée, qui vise directement ce que nous voulons exposer ici :

« Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. C'est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l'océan, le silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par l'univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.
Les phrygiens, premiers nés sur terre, m'appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l'île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l'arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d'Eleusis, l'antique Cérès. Les uns m'appellent Junon, d'autres Bellone;ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d'Ethiopie, de l'Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m'appellent de mon vrai nom : la reine Isis. »
Apulée "Metamorphoses XI"




Les origines

Nombreux sont les travaux d’aujourd’hui qui confirment que non seulement les plus anciens homo sapiens sapiens sont africains (l’origine africaine des hommes modernes a été confirmée par les généticiens, les archéologues et les paléontologues) mais qu’en plus la plus vieille divinité connue est une femme noire.



Déesse noire et Mère primordiale

C’est une réalité et cela déplaît à certains : « Dieu fut d’abord une femme ; Dieu fut d’abord déesse ». La répugnance des hommes misogynes, à admettre la prédominance ancienne de la déesse mère, est un fait historique relativement récent. La totalité du système de références philosophiques, religieuses et civiles de l’Occident actuel est patriarcale. Cependant, bien avant les religions « patriarcales » (le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam), la divinité unique était féminine. Le dieu sexué et masculin provient de l’Orient (Textes babyloniens, Genèse, etc.).

Pour la période Préhistorique, l’Archéologie a dévoilée une multitude de figurines féminines trouvées dans les grands chantiers de fouilles d’habitation. Elles ont été appelées « Vénus », en référence à l’idéal féminin. Ces femmes stéatopyges (aux fesses grasses et aux seins volumineux) sont en réalité la représentation de la Déesse originelle. La fertilité des femmes était aussi précieuse que celle de la terre pour la survie de ces sociétés, bien souvent nomades, et profitant de l’abondance de gibier et de semence trouvée au gré des chasses. Depuis le paléolithique, la fécondité de la femme a assuré l’équilibre de la vie matérielle, et c’est donc très naturellement que ces peuplades ont honoré cet être. Jusqu’aux deux derniers millénaires avant notre ère, l’Europe et les pays de la Méditerranée orientale ont représenté leurs divinités sous forme féminine assez clairement sexuée pour évacuer toute ambiguïté. Avant les invasions des peuples Aryens, toute la population Méditerranéenne et toutes ses divinités étaient noires ! Il y a une subordination des Madones noires du Christianisme vis-à-vis de la Déesse originelle noire. Il existe également des pierres noires sacrées volcaniques associées à des déesses noires ( Ibla Nera en Sicile et Cybèle en Anatolie). En Turquie, pays islamique, il y a un pèlerinage annuel pour la Madone noire d’Éphèse. (Profitons pour signaler des Madones noires dans des endroits qui pourraient étonner certains : comme Cuba, la virgen del pino, dont je vous mettrait un chant d’action de grâce, si vous voulez, ou celle qui se trouve sur la Place Rouge en Russie ; chez les Olmèques ; mais également sur le territoire français, à Rocamadour, au Mont st Michel, aux saintes marie de la mer) .

De la Déesse Isis aux Madones noires

Durant le millénaire qui précède notre ère et jusqu’au cinq premiers siècles, la divinité majeure du monde méditerranéen était la Déesse ISIS (Asèt / Aséta), une déesse justement… noire, dont le culte dépassait de loin les frontières de l’empire égyptien.

Isis fut vénérée sur une très vaste aire à la fin de l’Antiquité et au début du Christianisme. Cette « Mère noire » était appelée par de nombreux noms en dehors de l’Afrique. Isis héritait de la longue tradition des sociétés matriarcales africaines. Isis, déesse africaine, avait des origines nubiennes. La Nubie est une région où la Civilisation a fleurit de nombreux siècles avant la construction des pyramides de l’Égypte antique (Kémèt). La Nubie donna la femme noire Isis à Kémèt et puis au reste du monde. Dans son sanctuaire à Philae en Afrique, Isis était noire. Métaphore de la Mère de l’humanité et précurseur des Madones noires. A partir du microcosme Vallée du Nil, le culte d’Isis deviendra véritablement « la première religion internationale et supranationale ». Philae deviendra une ville sainte pour les Africains, les Grecs, les Romains, et les nomades du désert. Le culte ancien de la Déesse de fertilité venue d’Afrique, précédera le rôle du Christianisme et de l’Islam au Moyen-âge. L’image d’Isis la plus populaire à l’apogée de l’empire romain semble être celle d’Isis allaitant son fils, HORUS. Cette position de la déesse, son fils sur les genoux, ne vous rapellent rien ? Elle frappe l’imagination et nous pousse à nous tourner vers les représentations chrétiennes de la vierge à l’enfant, Marie tenant toujours le Christ enfant dans ses bras, ou contre elle, rappelant l’antique pose de la déesse de la fertilité… Comme quoi, nos bons sculpteurs chrétien n’ont rien inventé, ils sont aller puiser dans un imaginaire collectif une représentation universelle de la déesse, dans laquelle tous se reconnaisse.





Isis-Cybéle



La Déesse Isis et son fils Horus

Les légions de l’empire romain ont transporté l’image d’Isis , aussi bien que les images d’Isis mêlées ensemble avec des divinités asiatiques Cybèle, Inanna ou Ana chez les Phéniciens et les Babyloniens, Astarté, dans le monde connu de la méditerranée et bien plus loin, au confins des conquêtes de l’Empire. La déesse à donc suivis tous les chemins, de l’Afrique vers l’Asie, vers Rome (ou le temple d’Isis est toujours visible sur le forum), France (nombreuses vierges noires, comme je l’ai signalé plus haut), Angleterre, vers le Danube et les pays germaniques. Adorée auprès de beaucoup de noms à travers l’Afrique, l’Asie, l’empire grec et l’empire romain, elle était connue comme Isis, Hathor, Maât, Sekhmet (aspect redoutable de la Déesse Mère , elle était une femme avec une tête de lionne prouvant que celle-ci, toute puissante, pouvait donner la vie comme la mort), Yemonja (Yoruba), Athéna, Artémis, Déméter- Perséphone, Héra, Kali (Inde), la Mahadevi dravidienne (Indus), etc. A Méroé, la religion d’Isis honorait la religion du dieu à tête de lion Apedemek aussi bien que le dieu Amon.

Avec l’hellénisation, Isis devient la « Grande » mère (de la Méditerranée). Son compagnon, OSIRIS (Ousir / Ousiré) , devient Zeus, Pluton, ou Dionysos selon les cultes et les cultures que la Déesse traverse de son ombre. Dans tout le monde connu et aux premiers siècles de l’ère chrétienne, les esclaves et les femmes nobles vénéraient l’africaine Isis comme une divinité qui prévalait à travers la force de l’amour, la pitié, la compassion, et son intérêt personnel pour les chagrins. Avant que le Christianisme le fasse, la religion d’Isis promettait la vie après la mort terrestre. Des temples d’Isis avaient été fondés à travers l’empire romain ; en Gaule, Portugal, Espagne, Bretagne, Germanie, Italie, particulièrement aux endroits qui deviendront plus tard des sanctuaires de Madones noires. Une caractéristique significative d’Isis, plus tard associé à la madone chrétienne, était sa compassion de mère. L’eau a toujours été associée à Isis, elle renfermait une qualité sacrée, ce qui nous renvoi à notre énigme, liée à l’élément eau, et dont nous avions trouvé le fil bien ténue et l’explication pas complètement satisfaisante. Il devient clair que si les Vierges Noires sont une rémanence du culte ancestral dédié à Isis, le lien avec l’élément eau nous apparaît bien plus clair que dans la tombe…

Dans sa représentation (600 av. J.-C.) visible au Musée du Caire, Isis apparaît comme une mère nourrice, qui porte des ressemblances frappantes avec les images (icônes, statuettes, etc.) des Madones-nourices du Christianisme primitif. N’oublions pas que la vénération d’Isis, de son époux Osiris et de son fils Horus, a persisté dans toutes les dynasties pharaoniques. Isis avait donc plus de 3000 ans d’histoire lorsque son culte se propagea de Méroé et d’Alexandrie vers tout le bassin méditerranéen. La Trinité « Isis / Osiris / Horus » deviendra dans le Christianisme populaire « Marie / Joseph / Jésus » qui diffère de la Trinité du Canon chrétien : « Le Père / Le Fils / Le Saint Esprit » (disparition de l’élément féminin dû au Patriarcat et à la suprématie militaire des leucodermes. En Afrique à Memphis (Mèn-Néfèr), les hymnes célébraient Isis comme civilisatrice, divinité universelle qui avait supprimé le cannibalisme, institué les lois et les principes divins, et avait inventé l’agriculture, les arts et les lettres, les coutumes divines, et la justice. Isis, la grande Magicienne, était Maîtresse de la Médecine, guérisseuse des maladies humaines, souveraine des continents et des océans, protectrice contre les périls pendant la navigation et les batailles. Isis était la divinité du Salut par excellence. Nous retrouvons toutes ces qualités chez les Madones et Vierges noires.

Une grande spécialiste des religions Lucia Chiavola Birnbaum pense que la plus ancienne image de la madone de la Chrétienté se trouve en Sicile. Il s’agirait de la Madone noire dell’Adonaï (La Madone noire de Adonaï). Pour elle, le plus vieux sanctuaire de Marie (mère de Jésus) se situerait donc en Sicile. Un autre chercheur s’oriente plutôt en Italie (La Basilique Sainte Marie Majeure). Le chercheur Jean-Pierre Bayard parle de « Vierges noires » remontant en France à l’époque de Clovis, mais aussi la vierge noire de candelaria, protectrice des îles canaries qui serait arrivée « par la mer », aux autochtones d’alors, baptisés par les colons espagnols « Guanches », qui lui vouaient un culte sans borne, bien avant l’arrivée des espagnols sur ces îles. Ont peut retrouver chez ces madones certains attributs des déesses et reines de l’Égypte antique (par exemple la fleur). Alors que l’enfant Jésus (aux traits d’adulte) porte le sceptre, attribut du Pharaon.
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Maerope
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   26/10/2008, 20:23

Certes, le culte des vierges noires plonge ses racines dans les anciens cultes païens méditerranéens et plus loin encore. Mais en France, comment expliquer le développement soudain au moyen âge (du 9eme au 11eme environ) de ces vierges à l’enfant, dites « en majesté ». On en trouve soudain partout et surtout dans le centre de la France.

Une théorie voudrait que ces vierges soit en fait des « résurgences » d’un très ancien culte celte dédié à la terre mère, ce qui expliquerai la facilité de l’encrage du culte romain d’Isis et plus tard, de celui de la vierge marie.

Comme je l’ai déjà signalé, le culte des vierges noires, même s’il on en retrouve dans le monde entier, est tout de même une spécificité bien française et même une spécialité du centre de la France avec, comme point d’ancrage, Clermont-Ferrand. Celle-ci serait en effet le tout premier reliquaire en ronde bosse à forme humaine jamais exécuté dans l’occident chrétien, qui a donné lieu à toute la statuaire chrétienne future. Soit disant offerte par St Louis, de retour de la 7eme croisade, à la cathédrale, elle fut en fait commandée au Xème siècle par Saint Etienne, alors évêque de Clermont. La statue visible aujourd’hui est une reproduction, l’originale ayant brulée à la révolution française comme beaucoup.

Qu’est ce donc qu’une vierge noire finalement ? Petit portait.


Notre dame du Puy.

Portrait type d'une Vierge noire

La statue mesure environ 70 cm de hauteur (il s'agit d'une moyenne : certaines Vierges noires ne font pas plus de 30 cm de haut, d'autres atteignent ou dépassent le mètre selon que l’on prend en compte le trône de la vierge ou non). Elle est en bois, cela est sur, du bois souvent précieux (tilleul, poirier, cerisier, chêne), voire d’une essence inconnue du pays (cyprès, cèdre, genévrier de Phénicie) c'est une Vierge de Majesté, assise sur une cathèdre ; elle porte l'enfant dans son giron ou sur son genou gauche. Sa figure est hiératique, elle possède un sérieux incroyable et un visage tendu. L’enfant à souvent le visage d’un homme mur déjà.

Ces effigies ne revêtent, à l'origine, aucun attribut religieux : les couronnes, croix, globes, ainsi que bijoux et parures vestimentaires sont des ajouts postérieurs.



Les restaurations effectuées sur un nombre important d'entre-elles ont révélé la polychromie d'origine. Sous les couches noirâtres sont apparus des visages de carnation. Il est évident que ces statues ont été volontairement noircies, à une époque encore indéterminée de nos jours. Certaines ont été peintes en noir à l'origine, dès la fabrication, mais se sont vues transformer en Vierges blanches du fait de restaurations parfois hasardeuses, qui ont finalement supprimé l’essence de la vierge : le fait qu’elle ait été noircie de manière volontaire. C'est le cas de la Vierge de Chappes (Allier), de Laurie (Cantal), d'Avioth (Meuse), de Chailloux (Puy de Dôme), et de bien d'autres, que les fidèles, d'ailleurs, considèrent toujours comme des Vierges noires et leur voue toujours un culte en temps que tel, qui consiste souvent à toucher la statue.


Une des hypothèses consiste donc à dire qu’elles sont noires par suite de frottement trop nombreux, de la fumée des encensoirs et des cierges ou d’autres choses naturelles, mais nous laisserons celles-ci de coté. Nous pensons comme de nombreux chercheurs qu’elles ont été noircies à dessein.



La découverte de ses vierges correspond également à une forme rituelle qui se retrouve dans quasiment toutes les légendes de vierge noires.
On les découvre, souvent par l'intermédiaire de bovidés (emblème du Dieu solaire Mithra, ou encore de la déesse égyptienne Hathor), dans la terre, les lieux souterrains (grottes) et humides, près d'une source, d'une fontaine ; dans la végétation : dans un arbre, un buisson, un roncier. La Vierge noire de Manosque n'échappe pas à la règle, et grâce à Marcel Letellier , qui rapporte la légende de sa découverte, nous en savons un peu plus :

« Un jour, vers l'an 973, un paysan labourait un terrain vague lorsque ses bœufs s'arrêtèrent et, quoiqu'il fit pour les animer, s'immobilisèrent complètement. L'homme crut qu'ils étaient incommodés par la présence d'un romigier (un roncier). Il y mit le feu. Quand le romigier fut détruit, le laboureur recommença à tracer son sillon. Les bœufs pénétrèrent au milieu des cendres, puis s'arrêtèrent de nouveau, mais cette fois, ils se mirent à genoux, le museau contre terre. Cet homme était un païen, il crut à quelque maléfice, prit peur et appela au secours. Les voisins, accourus, décidèrent de creuser à l'endroit où les bœufs s'étaient arrêtés. Ils trouvèrent un sarcophage. Après avoir appelé un prêtre, ils l'ouvrirent et découvrirent la belle statue tout enveloppée d'étoffes précieuses tissées de fils d'or. Depuis ce jour on ne dit plus que Notre-Dame du Romigier. »

On en déduit donc que la vierge noire est liée à la nature même des choses, aux éléments mais aussi créatures terrestres qui en font une divinité de l’universel : l’eau, la terre, le végétal et l’animal conjugue leurs forces, et la statue perdue est retrouvée, et peu à nouveau jouir d’un culte.


Le déplacement

Le lieu même de la découverte d'une Vierge noire est d'une extrême importance. Dans les récits et les traditions qui lui sont assignés, la statue est toujours trouvée dans la nature et par hasard. L'emplacement, considéré comme indigne d'elle, on lui dédie un somptueux sanctuaire dans un autre endroit ou on l’a porte à l’église la plus proche. Or, à chaque fois, la statue profite de la nuit pour disparaître et regagner l’endroit ou elle a été trouvée par magie pourrait-on dire ! Le lendemain, les fidèles la ramènent dans son nouveau sanctuaire, mais la nuit tombée, le phénomène se répète et on la retrouve dans son arbre ou dans son buisson. Finalement, les ecclésiastiques cèdent et construisent un nouvel édifice au lieu même de sa découverte. Satisfaite, la statue ne bouge plus.
Pour effectuer son déplacement, l'accord de la statue est une condition sine qua non qui se vérifie déjà chez les déesses noires de l'antiquité, notamment chez Cybèle. Ainsi, à Rome, lors de la procession du « bain » de la Mère des dieux qui avait lieu le 27 mars, la statue quittait le Palatin sur un char attelé de génisses pour rejoindre l'affluent du Tibre, l'Almo. Le grand prêtre la plongeait dans l'eau et la frottait avec de la cendre, puis on lui demandait si elle consentait à regagner Rome. La réponse étant favorable, on la ramenait dans son sanctuaire.

On peut donc déduire de la présence de ses statues perdues puis retrouvée par miracle, que de nombreuse statues païennes de type noir ont disparue au cours des siècles de christianisation, pour échapper à diverses persécutions, et ressurgissent une fois les craintes apaisées, sous une forme chrétienne qui ne perpétue le culte.

On attribue à ses vierges des facultés multiples (en plus de se déplacer nuitamment par l’opération du saint esprit) dont une qui revient très souvent : celle de libérer ceux qui sont emprisonnés. Certaines vierges gardent dans leurs noms cette étrange faculté miraculeuse, comme notre dame de fers (Orcival), notre dame de la délivrande, de la bonne délivrance (Neuilly)



Notre dame de Rocamadour


Origine chthonienne (Chthonien : qui appartient à l'intérieur de la terre)
L'origine chthonienne des Vierges noires ne fait, aujourd'hui, plus aucun doute. Leurs similitudes avec les déesses de la Terre-Mère, nourricières et régénératrices (iconographie, symbolique, culte, rituels, légendaire, etc.) sont si nombreuses qu'on ne peut plus nier l'évidence de cette filiation. De même, elles sont toutes des vierges de l’ombre, on les retrouve dans les cryptes des églises, dans les profondeurs de la terre (comme au Mont St Michel) et leur nom est souvent associé aux domaines obscurs : notre dame de de sous terre, notre dame du mont tombe (mont Saint Michel) notre dame de bonne mort, notre dame de la Crypte (Cassel) etc…
Une hypothèse veut également que celles-ci soient généralement associées à une source ou une fontaine, eau souterraine par excellence qui rejaillit à la lumière pour donner leur force au monde.
Leur domiciliation n’est également pas un hasard, et il n’est pas rare de trouver à proximité des ouvrages mégalithiques, dolmen, menhirs, pierres levées, qui forment, avec les statues de bois, un réseau apparent des lignes telluriques souterraines, une sorte de « maillage » radiesthésiques, ayant pour but de montrer les directions et les évolutions de ses ondes. N’étant pas des plus callée en la matière, je vous conseille simplement pour ceux qui veulent en savoir plus sur la fonctionnalité radiesthésique des vierges noires l’excellent ouvrage de Jacques Bonvin qui sert de fil à cet article : « vierges noires, la réponse vient de la terre ».
Toujours est-il que la fonction de la vierge noire est d’équilibrer les forces telluriques, de signaler un endroit ou ses forces sont présentes et peuvent être utilisées ou canalisées, selon des rites aujourd’hui certainement perdus…



Notre dame des fers à Orcival





Sources :

http://www.africamaat.com

http://viergesnoires.marie-madeleine.com/



Le livre de Jacques Bonvin déjà cité, aux editions Dervy (collection lieux de la tradition) et mes propres observations lors de mes rencontres avec les dames en noir.







J’ai également trouvée une vierge noire à Lyon, une à St Afrique (hasard ou coïncidence ?) une en Pologne dans la ville de Czestochowa, à l’abbaye de Vauclair, au Puy en Velay, à Murta dans le Cantal, dans le Languedoc (Pézenas, Font Romeu, Villefranche de Conflent, Vinça (avec une vierge en majesté marchant sur deux dragons, ce qui en fait une représentation extrêmement rare) et notre dame de la crèche à Corneilla de Conflent qui vient de l’abbaye de Saint Michel de Cuxa, encore un pourfendeur de dragon ) et des tonnes d’autre, mais je met certains lieux intéressants pour que ceussent d’entre vous qui auraient l’occasion de s’y rendre jette un coup d’œil.



Désolée Lyvalla, je n’ai pas trouvée de vierge noires suisse, ce qui ne veux pas dire qu’il n’y en a pas !



http://lieuxsacres.canalblog.com/albums/vierges_noires/index.html



Pour un diaporama pas mal fait sur les vierges noires de France…














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Lyvalla
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   26/10/2008, 21:59

Citation :
Désolée Lyvalla, je n’ai pas trouvée de vierge noires suisse, ce qui ne veux pas dire qu’il n’y en a pas !

Merci pour cette petit note Wink

Et pourtant..

L'Abbaye d'Einsiedeln possède une Vierge Noire !

Extrait de Wikipedia Wink

L'abbaye d'Einsiedeln est un monastère bénédictin, situé dans la ville suisse d'Einsiedeln dans le canton de Schwytz, dédiée à Notre-Dame des Ermites, à cause des circonstances de sa fondation, dont provient également le nom d'Einsiedeln. Le monastère est une station importante du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et la destination de nombreux pèlerins. La « Vierge noire » d'Einsiedeln dans la Gnadenkapelle est un pôle d'attraction pour pèlerins et touristes. La Communauté compte actuellement plus de 80 membres. Le monastère ne fait pas partie d'un diocèse, il a le statut dit de Nullius dioecesis.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_d'Einsiedeln

Wink Wink

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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   26/10/2008, 22:03

He bien voilà encore une!
Je pensais bien qu'il devait y en avoir au moins une, et le fait qu'elle se trouve sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle renforce sont appartenance aux cultes des Theotokos (méres de Dieu), puisque la plupart d'entres elles se trouve en effet dans des villes étapes du chemin de Saint Jacques.

Merci pour cette précision!

Mae.
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   27/10/2008, 15:23

Décidément, c'est un sujet que vous affectionnez, Maerope.

Je serai intéressé que vous nous livriez ce sentiment profond qui vous étreint lorsque vous êtes face à ces statues symboliques, qui ne sont pas d'une esthétique remarquable, reconnaissons le, mais nous interpellent tous.

Je vais ajouter une autre Vierge Noire à votre collection, celle de la cathédrale de Strasbourg.

...

Non, inutile de chercher, vous ne trouverez pas la statue.

La Vierge Noire de la cathédrale de Strasbourg ... apparaît dans un vitrail du transept nord.

Pour le radiesthésiste, elle est associée à un fort courant tellurique, qu'on nomme aussi "vouivre", dont le circuit peut être suivi en repérant les représentations de dragons, lézards et autres serpents, dont un très visible dragon "graffité" sur le mur du presbytère à côté de l'entrée sud de la cathédrale.

Il faudra que je pense, à l'occasion et lorsqu'il y aura un peu de soleil, à faire des photos de tout ça.

Si je cite cette Vierge Noire particulière, c'est pour vous engager aussi à lever les yeux, toutes ne sont pas des statues, il y en a aussi dans des fresques, tableaux ou vitraux.

Alors bonne chasse !

Sculler.
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   28/10/2008, 19:33

Merci Mea pour ce poste.

Il m'est très évoquant.

Je me souviens que mon enseignant de moral en avait parlé. Selon lui, ce sont les africains qui ont déguisé la "vierge" Marie et Mère-Noir parce que le peuple blanc leur avait interdit la pratique de leur croyance.

Personnellement, je trouve de cette raison fait du sens..

Jidty

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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   28/10/2008, 22:53

Je suis contente que cela vous intéresse.

Pour répondre à la question de Sculler, ma premiére expérience c'est passé avec Notre Dame de Rocamadour. J'ai ressentie une vive émotion à l'approche de cette stature, minuscule en vérité et comme vous dites "esthétiquement" peu remarquable. Des fourmis dans les mains, un genre de vertige (alors que j'avais contempler le vide quelques instants plus tôt sans ressentir aucun vertige, et ce du haut de la citadelle). Et aprés, une energie intense, qui m'a fait comprendre pourquoi des gens gravissaient les quelques 1200 marches de la citadelle jusqu'à cette chapelle, à genou, ou venaient de trés loin pour contempler le visage noircis de la Mére. Rocamadour est un véritable perchoir, une citadelle du vertige un ecrin construit autour d'une statut de 70 cm!! Toute la région est remarquable, et tout prés se trouve l'impressionant gouffre de Padirac et sa riviére souterraine.

De même, vu que j'en ai contemplé plusieurs, je "sais" déterminer si la statue en face de moi est bien la vraie, ou une copie, voire une réplique.
Ainsi, Notre dame du chalet, la vierge de Maciac, ne m'a fait aucun effet particulier. C'est bien une copie. En revanche, notre dame de Vassiviére, qui passe l'été dans une chapelle du village de molompize, et bien que je n'ai jamais trouvé la chapelle et comtemplé la vierge, j'ai "sentie" son energie bienfaitrice, en me promenant au bord du cours d'eau (L'alagnon). De même, a quelques kilométres de là, se trouve une commanderie templiére, des pierres dréssés et deux tombeaux mérovégiens non identifiés... toute la vallée respire... et bien je ne sais pas trop, un sentiment de grandeur et de pureté, mélé d'un mystére et d'une aura indéfinissable (comme à Rennes le chateau, ou à Montségur). L'impression qu'il se passe là, au coeur de ces montagnes, quelque chose que nous ne pouvons pas apréhender avec nos cinq sens.

Bien entendu, ces impressions sont purement personnelles et subjectives, et j'ai regretté lors de ces moments, de ne pas avoir le carnet de note qui ne me quitte jamais sous la main...

Mae. Un peu fumeuse...
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   29/10/2008, 13:03

Sur la remarque de Jidty, il faut bien préciser que ces "vierges noires" datent d'une époque où certes l'Afrique était connue, mais très partiellement, uniquement l'Atlas et la vallée du Nil pour faire simple. l'Afrique Noire était une "terra incognita", et les contacts avec les africains étaient sans doute très très rares.

Il ne faut donc pas aller y chercher l'origine de ces vierges noires ...

Ma question Maerope, était justement de nous décrire cette "énergie" qu'on ressent à proximité de ces statues. mais pas en raison de la statue elle même, bien en raison de ce qui se trame dans le sous-sol : la Vierge Noire est placée là de telle sorte que le pélerin accomplisse un circuit qui le mène de points énergétiques en points énergétiques jusqu'à cet endroit où l'énergie d'un courant tellurique jaillit du sol et imprègne celui qui rencontre la Vierge.

Que la statue soit "authentique" ou pas a moins d'importance que l'endroit où elle est placée : ce qui compte, c'est l'authenticité du lieu. Une vierge noire authentique mais déplacée de son emplacement d'origine a peu de valeur, et c'est aussi le sens des légendes portant sur cette étrange faculté qu'elles ont à disparaître losqu'on les déplace pour réapparaître ... toujours au même endroit, c'est à dire à cet endroit particulier où l'on profite de l'énergie de la Terre.

Sculler.
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   29/10/2008, 18:33

Et bien... Contrairement à vous, Jacques Bonvin pense que la
statue a son importance et je pense bien comme lui. Beaucoup de statues, comme
dit plus haut, sont en réalité de « carnation », c'est-à-dire qu’elles
ont été noircies à dessein, pour des raisons bien précises.


Et comme rien n’est fait par hasard… la théorie voudrait donc
que ces vierges noires soient non seulement des indicateurs des courants telluriques,
mais aussi, à l’instar de certains monuments (pierres levées, cathédrales), des
catalyseurs voire des amplificateurs des courants telluriques (certaines photos
attestent d’un « rayonnement » des statues des vierges noires romanes,
à certaines heures ou certains jours tels les solstices ou les équinoxes).


C’est pourquoi je pense au contraire que l’authenticité de
la statue a son importance, de même que la persistance d’un culte qui prouve
que celle-ci est toujours « opérationnelle » dans le rôle qui lui a
été imparti, même si bien souvent la façon de prendre contact avec l’énergie
terrestre via la statue est perdue, ce qui est bien dommage.


En revanche, je suis tout à fait d’accord sur le fait que l’attribution
d’une capacité à « choisir » un endroit dédié est le signe même de la
présence de courants telluriques à cet endroit. C’est là et pas ailleurs que le
contact doit être pris (il parait que c’est très flagrant à la cathédrale de Chartres,
mais je ne m’y suis jamais rendu)



Mae
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   30/10/2008, 07:06

Ah!

C'est décidé, ......

J'en veux une pour Nowël!

Jidty,

Résolue.

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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   30/10/2008, 11:32

ça va faire cher le cadeau...

Mae
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   30/10/2008, 14:32

Oui, les vierges (authentiques, je veux dire) deviennent rares de nos jours ...

Je serais curieux de savoir si on trouve de ces statues dans votre "nouveau monde", Jidty. Il peut y en avoir qui ont été exportées au Canada ou aux Etats Unis.

Vous pourriez faire une recherche par chez vous ?

Sculler.
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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   30/10/2008, 17:32

...

oups

Alors, va pour une reproduction.


Sculler a écrit:
Je serais curieux de savoir si on trouve de ces statues dans votre "nouveau monde", Jidty.

Je me renseignerais.

Jidty

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MessageSujet: Re: Les vierges noires : que dissimule ce culte chrétien ?   Aujourd'hui à 15:35

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