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 Sorcière Suisse

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Lyvalla
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MessageSujet: Sorcière Suisse   7/11/2006, 10:33

Pour une fois que je lis notre journal ( "le matin") je tombe sur un article de Charles Poncet parlant d'une socière fribourgeoise, alors je me suis dit, pourquoi ne pas vous la faire partager! Wink ( Pour une fois qu'il se passe quelque chose en Suisse ) Rolling Eyes


AFFAIRE CATILLON
Détroussée et mutilée durant une nuit d'automne, une mendiante est ensuite convaincue de sorcellerie au terme d'une enquête pour le moins particulière.

Automne 1730. Le bucolique Pays de Fribourg est à l'image du temps: catholique, intolérant, supersticieux et curel, comme seuls les pauvres savent l'être à l'égard des miséreux. Montesquieu, Voltaire, Diderot et le siècle des Lumières, en pleine floraison, sont bien loin et nul n'en a cure ici.
Le bailli Béat-Nicolas de Montenach est à la chasse, plaisir réservé aux aristocrates. C'est un homme autoritaire, que la poursuite du gibier détend. Il se prétend une fine gâchette. Voici qu'un renard passe à portée: il tire. L'animal est blessé à la patte gauche. Montenach et ses chiens courent sur la bête. Maître Goupil disparaît pourtant, laissant derrière lui comme un son de voix humaine: "Vous m'avez fait bien mal, Monsieur le bailli!" Montenach rentre chez lui bredouille et perplexe. Entendrait-il des voix?
Une pluie froide et triste tombe. Une mendiancte frappe à la porte des Purro, près de Villargiroud. Elle demande l'hospitalité. Il fait froid et elle ne tient pas à passer la nuit dehors. Elle quémande un morceau de pain et du lait. On lui donne à manger et elle s'installe dans la grange, où elle s'endort rapidement dans la paille. Elle s'appelle Catherine Repond, dite "la Catillon". Elle a 68ans et tout le monde la connaît dans le pays, où elle mendie, fait quelques petits travaux, file parfois de la laine à Berne, chet les protestants. On s'en méfie. Elle aurait des pouvoirs occultes; elle jetterait des sorts aux rares audacieux qui lui refusent le gîte et le couvert. Cette nuit-là, dans la grange des Purros, des inconnus - deux hommes et une femme, dira-t-elle - lui tombent dessus à bras raccourcis. A son réveil, la Catillon n'a plus ni chapeau, ni tablier, ni bissac. Les agresseurs lui ont aussi coupé les orteils. Emportant avec elle ses doigts de pied coupés, elle marche clopin-clopant jusqu'à Orsonnens, où elle montre ses blessures.
Cette histoire insolite parvient aux oreilles du bailli Montenach. Le renard qui lui a échappé, serait-ce la Catillon, transformée en animal et qui, blessée, aurait repris forme humaine pour s'enfuir?

En avril 1731, une enquête est ouverte sur les rumeurs de sorcellerie qui entourent la Catillon. Le 20 mai, elle est jetée au cachot du château de Corbières - où réside de Montenach - en attendant son procès. La nouvelle de l'arrestation se répand dans le pays et les langues se délient: la Catillon est méchante, mauvaise langue, elle manque parfois la messe. Ses maléfices gâtent le fromages et rendent le bétail malade. Vref, on l'accuse de tous les péchés du monde.

4 juin 1731, premier interrogatoire, mené par la bailli Montenach, qui, selon le système de l'époque, remplit également des fonctions judiciaires. Il est entouré d'assesseurs dociles et dévoués. La Catillon raconte qu'elle a demandé refuge aux Purro, qui l'oont d'abord accueillie, puis mutilée et chassée. Montenach n'aime guère cette version des faits. Il essaie de l'amener à se contredire, mais rien n'y fait. Laissé, irrité, Montenach recourt à la procédure fribourgeoise de l'époque: la "simple corde" pour le prévenu qui nie.
Devant les juges, secrètement ravis du spéctacle, le bourreau saisit la Catillon. Il lui attache les mains dans le dos avec une longue corde. Au plafond, une poulie. On y passe la corde puis, avec un treuil, on hisse la suppliciée et on lui imprime un mouvement de va-et-vient. Les hurlements de douleur qu'elle pousse titillent Montenach et ses accolytes. Rapidement, la suppliciée "avoue" que, en réalité, elle a reçu une balle dans le pied. Montenach l'oeil gourmand, demande si elle n'a pas été blessée après avoir pris la forme d'un renard.
Que non, que non, Seogneur, je ne sais pas me changer en bête, se défend la malheureuse.
Cette fois c'en est trop! La Catillon ne veut pas avouer? On saura la faire parler. Au moyen du deuxième gadget fribourgeois: au supplice de la "simple corde", on ajoute un poid de 50kilos attaché aux pieds mutilés, et on la suspend de nouveaux. Ses articulations sautent, elle hurle la souffrance, mais elle s'obstient à nier. On recommence. En vain. Les juges ajoutent 50kilos de plus. La Catillon résiste, tout en criant de plus belle Montenach, tortionnaire aristocrate et distingué, commence à en avoir assez: il lui demande simplement de reconnaître qu'elle a pactisé avec le diable et fait acte de sorcellerie. Elle s'obstine. On lit au procès-verbal: " Ezant soulevée pour la troisième fois au quintal, elle est devenue toute noire au visage et de l'écume en la bouche, sans pouvoir parler. On a été dans l'obligation de la promptement relâcher."
Exercice résussi: la Catillon avoue tout ce qu'on veut pour échapper à la torture: elle va au sabbat, elle se déplace sur un mache à balais, elle a même forniqué avec le diable à plusieurs reprises. Montenach est ravi: voilà une affaire rondement menée et des aveux convaincants.
La Catillon est transférée à la prison de Fribourg. Sans doute pour éviter une erreur judiciaire, on la torture necore une fois pour qu'elle confirme ses aveux. Elle maintient quand même qu'elle n'a jamais fait de tort à personne, et que c'est bien dans la grange des Purro qu'elle a été blessée. Protestations illusoiers: Catherine Repond, dite "la Catillon", reconnue coupable de sorcellerie, est condamnée à mort le 15 septembre 1731. Le catholicisme, on le sait, est une religion de cahrité: les juges ordonnent donc qu'on l'étrangle avant de la brûler, pour qu'elle souffre moins. Ah, les braves gens! C'est donc un corps inanimé que les flammes dévorent sur un bûcher aux portes de la ville, face à une assistance nombreuse ravie du spectacle, bien que contrariée que la sorcière n'ait pas brûlée vive pour la plus grande joie des spectateurs. Les executions sont au XVIIIe siècle l'équivalent de "Star Academy" de nos jours... :wink:

En 1967, l'historien Nicolas Morard a minutieusement étudié cette affaire. Pour lui, le procès était truqué. Passon sur le fait que le bûcher avait, en principe, été aboli, mais qu'on y a quand même condamné la malheureuse. Montenach, trouble personnage, avait déclenché lui-même les poursuites, ce qui est tout à fait exceptionnel en matière de sorcellerie. Les Purro surtout - seuls témoins des faits - n'ont jamais été confrontés à l'accusée.
Quel était donc le véritable enjeu du procès? Selon l'historien, la "sorcière" avait des relations chez les patriciens de Fribourg, et elle connaissait les épouses de notables bernois. De là à conclure qu'elle savait des choses gênantes pour Montenach ou un de ses alliés, il n'y a qu'un pas. C'était une bavarde impénitente, une langue de vipère, diait-on. Et le meilleur moyen de la faire taire n'était-il pas de la conduier au bûcher sous l'accusation infamante de sorcellerie?


Wink
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MessageSujet: Re: Sorcière Suisse   3/2/2007, 01:31

voici quelques passages d'un lien (mis plus bas) que j'ai trouvé très interessant :wink:

Un peu d’histoire
Au Moyen Age, en Europe, on parle déjà de pacte avec Satan . Ceci reflète bien le besoin de l’Eglise d’édicter les limites entre le « Bien » et le « Mal ».
En réalité, au 11e siècle, la chrétienté démarre la chasse aux hérétiques dont font partie les sorciers. L'inquisition va augmenter ce phénomène.
Jusqu’à la fin du 16e siècle, les sorciers et sorcières étaient considérés comme des devins et guérisseurs, ils étaient donc indispensables dans les villages où les habitants étaient superstitieux. On ne connaissait rien du corps humain ni de la nature, c’est pourquoi les maladies, la famine, les tempêtes, la mort étaient vus comme des phénomènes surnaturels qu’il fallait combattre par des moyens tout aussi surnaturels.. Ainsi ceux qui avaient le pouvoir d’entrer en contact avec ces forces étaient utiles pour protéger les villageois.
Mais on sait que la plus mauvaise période pour les sorciers fut de la deuxième moitié du 16e à la fin du 17e siècle.


Pourquoi cette épidémie de bûchers entre le XVI et le XVIIème siècle?

Lors de cette période, la Chrétienté régnait en maître sur l’Europe. Mais, même s’il est vrai que l’Eglise a eu une grande importance dans ce phénomène, ce n’est peut-être pas la seule explication de ce mouvement de masse à travers toute l’Europe.
Suite aux nombreux voyages transocéaniques et aux découvertes qui s’ensuivent, les savants sont troublés par rapport à ce que l’Eglise affirme du monde, par exemple sur le géocentrisme, et remettent en question son enseignement. L’essor du Luthéranisme et du Calvinisme ébranle les dogmes, l’unité et l’autorité ecclésiastiques. Enfin, suite à la guerre de Trente Ans, accompagnée de famines et d'épidémies de peste, la population, qui vit dans la terreur, va chercher le réconfort dont elle a besoin. Soit dans d’autres cultes que celui de Dieu, soit dans la poursuite et l’exclusion de celui qui porte malheur, le bouc émissaire, pour écarter le danger .
Le pouvoir politique et judiciaire ainsi que l’Eglise vont souvent s’unir pour éliminer ces croyances, restaurer l’unité de la Foi, rétablir la paix sociale et développer le pouvoir central. Dès ce moment l’association de la sorcière au démon et au mal est systématique, lançant alors une véritable chasse aux sorcières.

Les persécutions
Pourquoi y-a t-il eu plus de sorcières que de sorciers sur les bûchers ?
Selon certains historiens il y a eu un sorcier poursuivi contre dix sorcières exécutées. Ce chiffre est peut-être un peu exagéré mais il n’en reste pas moins que la différence est grande.
La tradition et l’Eglise y ont joué leur rôle.
On peut dire que ce fait est directement lié à la condition de la femme, considérée alors comme une créature inférieure.
Par ailleurs, pour l’Eglise, la femme était un être faible, menteur, celle par qui le mal était arrivé dans le monde, en se laissant tenter par le diable au Paradis terrestre.
La Nature féminine, en lui donnant le pouvoir d’enfanter, selon des modalités physiques encore mal connues à l’époque, lui confiait une puissance mystérieuse. Cette fonction lui permettait aussi, en formant avec Satan un couple maudit, de transmettre ses pouvoirs maléfiques. Or on sait que les rites de type sexuel étaient fréquents (Sabbat des sorcières) ou en tout cas fréquemment suspectés dans les activités des sorcières.
Elle avait enfin par sa position dans la famille plus de contrôle – et d’occasions d’agir - sur la santé de celle-ci (préparation de la nourriture, soins aux enfants, aux malades, élevage des petits animaux…).

Les procès
Les sorcières accusées devaient passer par plusieurs épreuves, comme celle de l’eau ou celle effectuée par le « Piqueur ».
Le pacte avec le diable laissait soi-disant une marque particulière sur la peau de la sorcière que les juges étaient chargés de trouver. Cette marque était insensible à la douleur, ainsi le Piqueur bandait les yeux à la sorcière puis il la piquait avec des aiguilles sur tout le corps. Dès qu’il trouvait un endroit insensible, il la faisait avouer ses crimes par la torture.
L’épreuve de l’eau consistait à mettre une sorcière pieds et mains liés dans une grande quantité d’eau ; si elle coulait, ce n’était pas une sorcière, si elle flottait, elle en était une car les sorcières savaient défier toutes les lois, y compris celle de la nature. Après avoir avoué, on l’exécutait en la brûlant publiquement.

A cette période, la sorcière est donc devenu un bouc émissaire.

Le parlement de Paris, par exemple, a envoyé des administrateurs dans les campagnes pour arrêter les pratiques superstitieuses des villageois et pour chasser les personnes qui les détenaient, c'est-à-dire les sorciers et sorcières. Les paysans, terrifiés se sont mis à dénoncer les sorcières par peur d’être dénoncés à leur tour.


source: http://1libertaire.free.fr/Sorcier-ieres.html

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